Dépendance sexuelle

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Salut les jeunes 
(et les moins jeunes)
En faisant des recherches documentaires pour mon blog de branleur abstinent qui n'a pas sa langue dans sa poche ni ses mains dans le falzar,
je tombe sur le blog assez génial d'Olivier Ertzscheid, un maitre de conférences en sciences de l'information.
Dans un article qu'il consacre aux vraies raisons des émeutes de fin juin en France, 
https://affordance.framasoft.org/2023/07/cest-la-faute-aux-reseaux-sociaux/
je relève ceci, à propos de la responsabilité des réseaux sociaux dans la fièvre insurrectionnelle :

« Il y a une augmentation de la pauvreté et de la précarité. Il y a une brutalisation des rapports sociaux. Il y a une question centrale de l’attention. Du manque d’attention. De son remplacement par la pulsion ou par l’administration algorithmique et statistique. Mais cela les réseaux et médias sociaux ne l’ont pas inventé, ils l’ont “simplement” capitalisé, mathématisé, instrumentalisé, libéralisé. Et beaucoup de ces réseaux sociaux, et beaucoup de comptes influents sur ces réseaux sociaux en font un business comme les autres. Mais le “business de l’émeute” que l’on trouve, en effet sur Telegram ou ailleurs, n’est différent en rien du “Business de l’émeute” des émissions de C8, des chaînes de Bolloré (et de quelques autres), des éditos d’André Bercoff, de Pascal Praud, de Cyril Hanouna, sans omettre les strictement torcheculatoires publications de Valeurs Actuelles et autres naufragés des formes les plus élémentaires de la déontologie journalistique. »

et plus loin, citant un auteur qui parle des jeunes émeutiers:
“Ce que je trouve difficile, c’est surtout de leur déléguer la responsabilité des pièges tendus par ces applications. Quand on traite les enfants de crétins digitaux, c’est comme si on leur reprochait de préférer les chamallows aux brocolis, ce qui est assez cruel. Face à des entreprises spécialisées dans la captation de notre attention, ils n’ont aucune chance.”
Ensuite, je remplace « jeunes » par accros au porno, et ça enrichit ma réflexion; la dépendance au porno devient une des facettes de la stupidité digitale, ça crée du sens (pour moi, en tout cas)
Il faudrait que je vienne faire un petit bilan de ces dernières années d’éloignement progressif des pièges sexuels de l’internet, mais tout est abondamment et richement illustré sur mes blogs, déjà rien que le fait que j’y parle surtout d’autre chose est un signe évident que ça va beaucoup mieux qu’à une époque…
et aussi, le fait que j'y blablate beaucoup moins fréquemment.
 
Extrait du journal de bord du capitaine Warsen, dans ses efforts incessants pour échapper à la gravité dans l'orbite de la planète Branlor :

C’est le matin. Le cerveau reprend sa configuration de veille, beaucoup moins souple. J’ai révé que mon père faisait la couverture de Charlie Hebdo, c’était une couverture "filmée", on y voyait papa descendre une colline pierreuse en dérapant un peu de temps en temps, il était plus jeune que maintenant, mais sinon, c’était encore moins spectaculaire que le mercerisme, cette religion imaginée par Dick dans Do Androïds dream of electric sheeps ?… où l’on apprenait l’empathie à coups de cailloux dans la tronche. Il est bien temps de publier mon père dans Charlie Hebdo, mais ça c’est une réflexion après-coup… Réveillez-vous avec France Inter et foutez en l’air votre rappel de rêves. Elle refuse France Musique, prétend que ça la rendort sur le champ. Je sens son corps tiède à mes côtés. Elle sommeille sur le ventre, avec mon rival matinal Stéphane Paoli qui lui susurre des cochonneries libidineuses sur un règlement possible du conflit au Proche-Orient. Il est sept heures. Dans quelques instants il faudra se laver, aller faire le café, réveiller les enfants… Pour l’instant je m’allonge sur elle et je pèse de tout mon poids. J’ai envie de la pénétrer. Comme ça, par derrière. A la sauvage. C’est manifestement un délire, puisque d’habitude, je la respecte, dans ses désirs comme dans leur absence. Elle commence à râler que je l’ai tripotée toute la nuit, ce dont je n’ai aucun souvenir. D’un seul coup je me rends compte qu’en agissant ainsi, je la considère comme un objet sexuel et menaçe de foutre en l’air son timing du matin pour un câlin dont je sais pertinemment qu’il est logistiquement impossible dans le temps imparti. Zabotache. Ca m’excite, et ça m’en fout un coup, enfin je trouve ça nigaud, quoi. Je descends donc de ma monture encore ensommeillée, je vais faire du café. Le film est passé. Je ne me suis pas laissé embarquer. Je l’ai vu. Mieux, je l’ai regardé. Pas de terreur rétrospective : l’épouvante est la prémisse de la récidive. Je la fais chier le matin, et je l’embête beaucoup moins le soir. Je pense que c’est pour qu’elle m’envoie me faire foutre, et pouvoir ainsi m’autoriser par la Grâce de la Sainte Frustration de recommencer à reluquer d’improbables africaines, ou d’aller voir ailleurs. On en parle tous les deux, d’ailleurs, et on est d’accord : ça ne marchera pas. Des clous. La stratégie est trop visible. Comme me l’écrit un pote qui a passé le week-end à la maison "Je vais encore me répèter mais vous allez pas si mal ensemble. Bien sûr vous ferez jamais dans la dentelle, mais bon…."
La saisie, et donc l’erreur fondamentale, c’est de croire que ce qui se passe en nous est à nous. Finalement elle est plus repérable sur les choses désagréables, mais après c’est juste une question d’entrainement.
Ces jours-ci, trois mois sans porno (précédés de quatre) et deux mois sans clope. Aucun sentiment, et encore moins de triomphe. Juste les vieux machins qui s’accrochent, avec leur familiarité que Henri Michaux qualifiait de désarmante mais qui ne l’est que pour ceux que le désarmement arrange.


https://johnwarsen.blogspot.com/2008/06/de-limpossibilit-dalerter-les-bbs-comme.html

(janvier 2006)
 
J’ai regardé une série coréenne sur une jeune avocate autiste

https://jesuisunetombe.blogspot.com/2023/10/extraordinary-attorney-woo-soundtrack.html

une scène m’a tellement ému que j’ai repris la chanson en karaoké...

et puis après, j'ai même fait une vidéo, avec l’extrait qui m'a touché, quand l'héroïne autiste dit à son petit ami, "quand on a un handicap, le simple fait d'aimer quelqu'un ne suffit pas. Même si je dis que c'est de l'amour, si les autres estiment que non, alors ça n'en est pas."


Ca doit avoir un nom, en philosophie, ça, la validation des qualités par autrui quand on part avec une demi-part d'humanité dans son cartable et que tout reste à prouver;

Moi qui ne suis pas la moitié d'une héroïne autiste, avec ma dépendance sexuelle en bandoulière, je trouve que cette damnée face de citron n'a pas la langue fourchue; bien que comme lui rétorque son aspirant boyfriend "ça serait mieux si tu ouvrais un peu plus la bouche"

depuis mon accident porno sous psilo, mi-septembre, 

https://johnwarsen.blogspot.com/2023/10/truffes-magiques-devenez-celui-que-vous.html

j’ai quasiment arrêté toute activité cyber, sauf pour l’administratif. 
Je vis beaucoup mieux. 
Merci les champis.

Je fais une heure de méditation tous les matins, je ne sais pas trop ce qu’il s’y passe, mais comme j’arrive à la fin de ma première année sans lithium, et que les mois de novembre / décembre me sont rarement favorables, je sais que je n’ai plus que mon comportement pour réguler mon humeur, donc je n’ai pas trop le choix, je m’implique dans des activités variées, l’ordi est éteint depuis fin septembre, ce qui m’étonne c ’est que ça ne me manque absolument pas. 

J'aurais dû commencer par là.
Bon courage à tous et à toutes !
 
Bon courage John

Et tu as tellement raison... Lorsque l'on coupe l'ordi, on s'aperçoit qu'il ne nous manque pas, c'est le signe que franchement, tout cela n'est que du vent. Et pourtant, on y revient tout le temps... Bravo pour tes efforts. Et franchement, arrête de stocker des trucs chelous dans ton frigo. Un jour tu m'as écrit que se sevrer tout en matant du porno, c'était comme mettre les doigts dans une prise de courant tout en criant "Même pas mmmmaaaalllll!!!!...." 

Et bien là c'est un peu pareil je trouve. 

Mais bon, qui suis-je pour juger? Nos dépendances sont personnelles, et nos manières de lutter le sont tout autant.

@++
 
Je poursuis mon trip "vivre sans ordi" (à part pour l'administratif et ce petit mot) et ça se passe bien, à part que je ne peux plus m'épancher nulle part sur le fait que les premières semaines, ça m'a quand même déprimé de ne plus blogguer, forumer, pirater des disques, etc... comme un sevrage, quoi. 
... à tel point que j'ai senti un beau front dépressif s'avancer sur l'horizon, et que j'ai lâché le microdosage de champis, qui de toutes façons ne marchait plus tellement, et que de moi-même j'ai repris mon régulateur d'humeur, le lithium, pour éviter la rechute dépressive. Malgré un arrêt d'un an, les résultats ont été assez rapides, je devrais même m'estimer heureux de n'être pas de ces bipolaires qui alternent crises maniaques et effondrements.
Depuis que j'évite tout stimulus cyber-sexuel, je n'ai pas d'appétence, de tentation, d'envie... pourvu que ça dure !
 
Hello John

Tant mieux en effet! Si ce cheminement te procure de la satisfaction et un certain bien être, poursuis-le, le plus loin possible. C'est bien ce que tu fais :)
 
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Joann Sfar, "les idôlatres" (2024)
 
Je repense à des vieux trucs (néanmoins toujours valables dans ce coin-ci de la galaxie)

1/ Un auteur français de sciences humaines pas vraiment universitaire que j’étudiais en catimini quand j'étudiais à la fac de psycho de Montpellier a dit ceci : 
"Tous, tant que nous sommes, avons en nous “quelque chose” qui veut toutes les femmes et tous les biens de ce monde : c’est la règle chez les primates, et elle repose sur des instincts qui s’éternisent chez les humains."
J'ai mis 40 ans à admettre qu'il avait raison, en le vérifiant dans ma chair, et à en accepter les conséquences : me protéger, et protéger les miens, de ce défaut de conception de l'être humain mâle soit-disant « adulte ». (y’a qu’à voir ce qu’on appelait autrefois les « films pour adultes », qui s’adressent en fait à des demeurés émotionnels pour qu'ils deviennent prisonniers de leur propre convoitise) 
au cœur de l'homme, y'a un handicap, qui demande un effort constant pour être surmonté.
Ce qui m'amène à un autre truc, connexe : une interview de Malek Boutih, dans un Charlie Hebdo du 11 mars sans doute 2015 :
« Il ne faut pas oublier une chose : le point de départ de l’intégrisme islamiste, ce ne sont pas les théories des Frères musulmans, mais l’arrivée de la parabole dans les pays arabes. C’est quand, tout d’un coup, la modernité, le sexe, la liberté, tout fait irruption. Et les intégristes se sont sentis débordés.

- La démocratie propose une image que théoriquement ils refusent mais qu’instinctivement ils désirent ?
- Exactement. Le fait de pouvoir avoir cette image mais de ne pas la consommer en même temps, ça rend fou. Et c’est le cœur de tout.»


J'ai bien l'impression que "cette image qu'on ne peut consommer et qui rend fou" ne concerne pas que les musulmans. 
Sur ce, chers amis imaginaires, j'ai fini ma semaine, et je me casse en vacances à Berlin; je vais essayer de ne pas envahir la Pologne, ou encore pire, finir dans un Eros-Center :D 
 
Salut John

C'est très vrai ce que tu racontes, l'envie de toutes les avoir, voilà ce qui nous mène par le bout du nez et nous conduit à la dépendance... 
Je le vois bien dans mon propres cas, quand je suis en phase maniaque, je me branle sur toutes les belles demoiselles que je croise, jusqu'à l'épuisement. Et il y en a encore, et encore... Et quand je me sèvre et que j'en vois une, j'ai encore envie... 

Et là, la seule chose que je me dis, c'est que de toute façon, je ne pourrais jamais expulser tout ce désir, il y a tant de femmes et mes ressources et mon temps sont limités!!! Je dois accepter cette frustration, le fait de jouir leur présence autrement, qu'en m'empoignant fermement...

@ plus, et bon séjour chez les teutons
 
ça prend le temps que ça prend, mais une fois intégré le cercle de l'esclavage et de l'assuétude, on apprend à se soustraire à ses servitudes en les acceptant. 
"Comment laissez-vous tomber un morceau de charbon ardent que vous tenez à la main ? Comment laissez-vous tomber un bagage lourd et inutile que vous portez ? En reconnaissant que vous ne voulez plus souffrir ni continuer à porter ce fardeau, puis en l'abandonnant."
(Eckardt Tolle) 

Bref, on ne brise pas ses chaines : on maigrit suffisamment pour passer entre deux maillons.

Certes, c’est une chose de cesser d’alimenter la compulsion par des stimuli, c’en est une autre de défusionner de son imaginaire, ou quel que soit le nom qu’on puisse donner au processus. Mais il faut bien commencer quelque part : là où on est.
 
Chers amis dépendants, 
et surtout chers compatriotes,

si vous ne voulez pas que Katia, Tatiana, Fatoumata et Ivanovna soient reconduites à la frontière par la police des fesses & de l'immigration, il va falloir vous secouer autre chose que le poireau. 
Je vous suggère très vivement de retrouver votre carte d'électeur (indice : il est tombé derrière le meuble à chaussures la dernière fois que vous êtes rentrés dépités du bureau de vote) et de vous en servir fin juin et début juillet.

https://info.mediapart.fr/optiext/o...XlLQyyBcVyeR7ACnJ0MlizJWhd_DhYz0iklTLZrAannTX

Comme je le dis en blaguant un peu (ricanons tant que c'est encore autorisé) en fin d'article :
https://jesuisunetombe.blogspot.com/2024/06/plus-haut-dans-les-tenebres-sans-la.html

" On asservit les peuples plus facilement avec la pornographie qu'avec des miradors." disait Soljenitsyne. Finalement, si on fait rien, on aura les deux.
 
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