Dépendance sexuelle

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Ekeiloh

Bonjour à tous,

Cette rubrique est peu utilisée, je viens la déterrer !

J'ai cherché d'autres forums dans le même genre pour d'autres addictions, compulsions etou etou, mais aucun ne me convenait aussi bien que celui-ci. Et puis pour être honnête, je passe beaucoup de temps ici, si j'en trouve un autre je crois que mon homme va commencer à râler !

Donc vala, des dépendances, j'en ai plein, j'avais jusque là beaucoup de mal à trouver un équilibre, il fallait systématiquement ce soit trop ou pas du tout. Depuis quelques mois, je me stabilise grâce à pas mal de choses: j'ai fréquenté DASA, puis j'ai eu le forum, j'ai trouvé des techniques pour calmer le bordel de ma tête et de mon corps, et je peux compter sur le soutien de mon homme, qui est arrivé dans la foulée de mon début de rétablissement d'ailleurs.

Sur le forum, j'ai principalement abordé ma dépendance affective et sexuelle. Je sais que je ne suis pas guérie et que je ne le serai jamais, mais j'approche des quatre mois de sevrage, je me sens à la fois vigilante et en confiance. Je pense que c'est le bon moment pour m'occuper d'une autre dépendance, qui me pourrit bien la vie et surtout la santé: ma dépendance à la bouffe.

Enfin au "trop" de bouffe. Je crois que c'est important que j'en parle ici parce que c'est très en lien avec ma dépendance sexuelle: besoin d'engloutir, tout, tout le temps, même quand j'en ai marre. Ça fait des années, la moitié de ma vie en fait, que j'ai de gros problèmes avec mon système digestif: notamment un ulcère à l'estomac (d'ailleurs peut-on avoir un ulcère ailleurs?) qui s'était déclaré vers mes 20 ans, mes intestins qui ne fonctionnent pas correctement. J'étais malade, systématiquement, après avoir mangé. On a un peu tout essayé: les examens etaient compliqués à cause d'un autre problème, et ceux qui ont pu être pratiqués ont donné des résultats parfois peu concluants, parfois vagues. Notamment quand on a trouvé mon ulcère, on ne pouvait pas savoir exactement ce qu'il se passait dans mon estomac, donc j'ai eu droit à un cocktail de médocs pour y recréer Hiroshima... Et le reste de mon système digestif n'a vraiment pas aimé.

Bref, malade, en essayant tous les régimes alimentaires possibles (aucun pour perdre du poids) juste les trucs habituels: sans gluten, sans lait, sans sucre, sans... sans... Rien n'a marché. Je crois que la période où j'ai été le plus malade, c'est quand je ne mangeais plus que du riz, parfois des pates, sans beurre, sans sauce, sans fromage. Du riz au riz. J'ai fini par envoyer chier tous les médecins, parce que quitte à souffrir, autant que ce soit avec classe et banquet.

Je me suis rendue compte il n'y a pas si longtemps que mon problème était en fait comme pour ma dépendance sexuelle: ce n'était pas uniquement CE QUE je consommais le problème, mais bien COMBIEN j'en consommais. Mais tant pour le sexe, j'ai une idée assez précise de ce que je ne dois pas faire, tant pour la bouffe... c'est vachement plus compliqué. Je ne suis pas accro au chocolat, au contraire ej préfère ce qui est salé d'ailleurs. Je n'ai pas UN aliment de prédilection, j'aime les légumes et même si j'aime la viande je n'en consomme pas à tous les repas, ni même tous les jours. Je n'ai pas un type d'aliment à bannir, c'est un peu comme ma dépendance affective en fait: la limite est floue !

Mais la semaine avant les vacances, je mangeais beaucoup moins. J'avais vu mon praticien, peut-être étaient-ce les bénéfices secondaires de la séance. Quoiqu'il en soit, je mangeais moins. Beaucoup moins: pas de goinfrage aux repas, pas de grignotage sans m'en rendre compte, pas d'envie de malbouffe, et quand j'ai été au fast food (ben oui, avec un gosse habitué (et ça ne vient pas de moi), c'est compliqué de faire définitivement l'impasse d'un coup d'un seul !) je n'ai pris qu'un ridicule menu enfant, sans grappiller sur les frites délaissées par les autres.

J'ai également fait, dans la foulée, un sevrage de 24h. Hein? Oui, un jeûne. C'est pareil.
Les moins d'un sevrage de bouffe :
-Il paraîtrait qu'on a besoin de manger (m'enfin j'attends confirmation, je me demande si ce n'est pas un hoax). Truc de fou. Du coup les objectifs sont vachement plus courts, et les repousser ne sont pas une bonne idée.
-Je refuse de faire croire au minot qu'on peut ne pas manger. Pour peu qu'il aie envie de faire comme moi, et qu'il tombe dans l'anorexie ou tout simplement qu'il aie un malaise, je m'en voudrais jusqu'à la fin de ma vie.
-GAFFE AUX MALAISES ! Certains centres notamment en Allemagne le proposent. Mais le faire seul est DANGEREUX ! Surtout moi qui suis sujette à d'autres problèmes de santé.

Les plus:
-Si les sevrages durent moins longtemps, ils sont vachement plus efficace! En seulement 24h j'ai ressenti les douleurs et les bienfaits du manque.
-Une vraie désintox. Au fur et à mesure de la journée (en plus j'ai été obligée de marcher presqu'une heure en plein cagnard) je me sentais... je ne sais pas comment décrire ça. Moins lourde, moins confinée. En fait ce que je ressens par rapport au x après plus de trois mois de sevrage quoi...
-Les bienfaits psy: je me suis vraiment sentie en harmonie, ancrée dans le présent. D'habitude j'ai envie de faire 150 choses que je ne finis jamais, même si je me suis calmé ces deux derniers mois. Mais là, j'avais simplement une tâche à faire à la fois, je me concentrais sur celle-là, et même si je ne la finissais pas, pendant que j'étais, j'y étais vraiment. Un peu comme avec ce que j'ai pu expérimenter de la pleine conscience en fait.

Bon, toussa pour dire:
Aujourd'hui 25 août 2015, j'entame mon sevrage de trop de bouffe. Portions sacrément réduites par rapport à d'habitude, un repas solide et un liquide par jour, et à l'écoute de mon corps. Je me fixe un objectif de 5 jours, jusqu'au 30, car ce sera la fin des vacances, il faudra que je me resitue par rapport à ce qu'il se sera passé, et éventuellement ce qu'il se passera.

Je PEUX le faire !
Je te souhaites force et courage dans cette nouvelle épreuve Ekeiloh, bien sûr que tu peux le faire, prends soin de toi.

Ekeiloh

Merci, je vais essayer. Deja pour l'instant je suis plutot contente de moi, j'ai mangé (j'etais avec mon homme et le petit) en quantité souhaitée, et ce soir je compte prendre une soupe. Pour l'instant ça se passe bien.
Salut Ekeiloh,

Un petit message de soutien en passant. Wink
Comme j'ai pu l'écrire dans mon journal, je travaille aussi en ce moment sur mon régime alimentaire.
A te lire, je suis conscient que mes difficultés alimentaires sont d'un ordre de grandeur en-dessous des tiennes.
La mise au carré des sujets de dépendance sexuelle donne envie de nettoyer d'autres aspects de sa vie, sachant que les sous-jacents psychologiques sont souvent les mêmes.
Courage !

Nicolas

Ekeiloh

@Nicolas: Je ne crois pas qu'il faille faire de comparaisons de ce genre là, chaque personne vit différemment les choses, si tu travailles sur ton regime alimentaire c'est que tu as un problème avec ça. Donc n'hésite pas à m'en parler ici aussi, c'est vrai que le forum est plutôt dédié à la dep sexuelle mais pour moi, dans mon rétablissement, l'un va vraiment avec l'autre, un peu comme la mb et le porno (d'ailleurs maintenant que tu as bien avancé, as-tu réfléchis un peu à la question de la mb?); je serais ravie qu'on puisse discuter un peu de nos avancées, et se soutenir mutuellement là-dedans Smile

@MonCherJournal: C'était vraiment une bonne journée, j'ai l'impression d'avoir ressenti les mêmes bienfaits que lors de mon jeûne, c'est à dire un ajustement de mon esprit à mon corps et vice-versa (mais bien sûr cette impression etait moins forte). Je me suis resservie de la soupe, je n'avais pas mangé grand chose d'autre dans la journée, mon but n'est pas non plus de tomber dans l'anorexie. Je suis fière de moi, je sais que j'emprunte la bonne voie.

De plus, c'est bizarre parce que normalement, le manque rend irritable; pourtant c'est l'inverse qu'il s'est passé aujourd'hui. Depuis quelques jours j'avais du mal à supporter... tout en fait. Notamment à cause du retour des vacances, de ma belle-famille et de leur connerie avec le petit. Ils le chouchoutent, lui passent tout, en parle comme d'un génie, alors qu'objectivement (et pour avoir vu défiler des centaines de gamins de part mon activité pro) je le trouve lent, pas éveillé, pataud et il n'écoute rien. Mais aujourd'hui, je l'ai beaucoup mieux supporté alors qu'il a fait des bêtises et menti. J'ai pris les choses calmement, j'ai accepté ce qu'il a fait, en l'"engueulant" parce qu'il a besoin de limites, mais je suis restée sereine. Peut-etre que ma reprise de l'EFT hier y joue aussi.
Cool. Je suis vraiment content pour toi Ekeiloh.
Ne tombe pas non plus dans l'excès à ne rien manger. il faut savoir se faire plaiz.
Joyeuse soirée.

Ekeiloh

Merci Florent!
Ne t'en fais pas pour ça, j'avance à tâtons mais je sais ce que je ne veux pas, et pour avoir eu à gérer une forme d'anorexie chez ma grande il y a bien longtemps, je sais que je ne dois pas prendre de risque. Puis de toute façon tant que le petit est ici je sais que je mangerai assez pour pouvoir m'occuper de lui correctement. Mais justement tu vois, manger de la soupe (potiron/creme fraiche, je n'en suis pas non plus au bouillon de legumes Tongue) ça m'a fait plaisir, ça faisait longtemps, et vu que je n'aime pas particulièrement le sucré, c'est tout bénéf !

Ekeiloh

Je tiens le coup ! Pour l'instant. J'ai mangé un tout petit peu plus que prévu ce midi, mais dans la limite du raisonnable. J'ai l'impression que c'est ce qu'il me manquait pour gérer toutes mes dépendances, apprendre à me raisonner dans tout, pas juste dans le sexe ou le porno ou la mb ou les hommes ou les femmes ou... ou... c'est un tout, je ne peux pas choisir

J'ai un peu plus de doutes sur ce soir par contre, je ne sais pas comment gérer avec le petit, je ne veux pas qu'il croit qu'on a le droit de ne pas manger. Déjà là il pose des questions parce que je mange moins...
Pour ton petit tu peux lui dire que tu as un peu mal au ventre et du coup que tu dois mangé un peu moins, il sera surement moins inquiet.
Pour le reste je suis fière de toi! Je sais à quel point c'est difficile de se contrôler au niveau de la nourriture. Vu que tu commences à surpasser tout ça, tout ne pourras qu'aller bien!!

Tu verras qu'au bout d'un moment les quantités que tu prends ne vont même plus te choquer. Après comme dit précédemment, il ne faut pas que la nourriture et le simple fait de manger devienne une contrainte. Smile

Bonne chance!!

Ekeiloh

Merci ! La aujourd'hui j'ai dû faire face à BEAUCOUP de tentations, j'ai pas très bien résisté à tout mais je n'ai pas non plus mangé comme un puit sans fond, c'est deja ça. J'ai été acheter des soupes qui me permettront d'avoir quelque chose de liquide à manger pour quand ma famille mangera, ça calmera mes envies.
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